Cloneries – Send in the clones

Photo: fleurmach.wordpress.com

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Vous vous rappelez Dolly? La p’tite bichonne clonée qui était une copie absolument conforme d’une autre brebis? L’étude de la réplication génétique continue de fasciner l’homme, alors qu’il cherche à créer des circonstances qui lui permettent de vivre plus longtemps, en meilleure santé. La recherche sur les cellules souche continue de susciter la controverse. Peut-on recréer des humains, ou des sections d’humains, pour le simple motif d’avoir des morceaux de rechange?

Il y a bien longtemps que l’homme s’intéresse au clone. La viticulture en est un excellent exemple. Le vigneron, qui passe le plus clair de ses heures dans sa parcelle, étudie le comportement de ses vignes, et identifie celles qui sont les plus aptes à fournir des raisins de qualité sur son terroir. Il sait sur quelles vignes il peut compter, et lesquels de ses ceps répondent moins bien à ce que la terre a à offrir.

La vérité est qu’il n’est pas pris avec ces ceps moins performants: il pourra, s’il le désire, créer le champ qu’il veut, avec les vignes qu’il préfère, pour ainsi, éventuellement, augmenter la qualité de son vin. Deux processus sont à sa portée:

SÉLECTION MASSALE

On peut choisir une variété de vignes pour différentes qualités: leur capacité à produire un fruit plus mûr, ou en plus grande quantité, leur résistance naturelle à certains prédateurs ou au gel, ou simplement le goût qu’elles parviennent à donner au raisin et, ultimement, au vin. Donc, on pourra décider que l’on veut un champ plein de ces vignes. Alors, on les clonera toutes.

SÉLECTION CLONALE

Photo: amarkedman.com

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Dans ce cas, il y a une seule vigne que vous kiffez. C’est votre chouchou, elle fait tout ce que vous voulez, comme vous le voulez. Vous vous dites: si seulement les vignes de mon champ étaient toutes comme elle! Ben, c’est possible; de la même manière que vous pouvez avoir un champ complet de votre équipe d’étoiles, vous pouvez aussi avoir la même batêche de vigne partout dans votre champ.

Comment? Le plus naturellement du monde. Une fois la ou les vignes identifiées, vous les laissez faire des boutures, puis vous coupez ces boutures et vous les plantez. Ça va vous donner une vigne identique à la vigne-mère, avec exactement les mêmes caractéristiques. C’est le principe de la reproduction asexuée, pas besoin de fécondation. La menthe poivrée, ente autres, pousse naturellement comme ça. Bon, d’accord, je sursimplifie, y a tous les aspects sanitaires à prendre en ligne de compte, mais reste que, grosso modo, c’est comme ça qu’on clone une vigne.

L’avantage marqué de la sélection massale/clonale pour le vigneron, c’est d’optimiser la qualité du vin qu’il recherche à faire. On peut aussi y voir un désavantage, celui d’une certaine prévisibilité, une monotonie; imaginez si tout le monde utilisait le même maudit clone de pinot noir. Oui, il existe une chiée de clones de pinot noir. On aurait vite fait le tour. Autre grand désavantage: l’affaiblissement de l’espèce. En effet, si la vigne clonée est particulièrement sensible à une maladie, tous ses clones le sont également, si bien que si cette maladie s’installe dans votre champ plein de clones, vous êtes cuit, et salut.

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Photo: cntraveller.com

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C’était au départ pour apprécier toute la subtilité derrière la sélection clonale que nous avions été conviés à une dégustation des vins de la maison Castello Banfi de Toscane, dans les bureaux de ses représentants au Québec, Charton Hobbs. La dégustation promettait d’être fort intéressante, vu les vingt ans de recherche poussée effectuée par la maison, avec l’aide de l’Université de Milan. Or, ce que nous avons eu tient davantage de la dégustation parcellaire que clonale. Bien sûr, chez Banfi, on s’est assuré que les bons clones étaient plantés dans les bons terroirs, à force d’essais et d’erreurs, mais on a été avare de commentaires quant aux clones spécifiques utilisés sur chacun des lots. Pas trop grave, la dégustation a tout de même été fort intéressante: c’est pas tous les jours, après tout, que l’on déguste les morceaux d’un puzzle.

C’est là ce que Banfi nous a offert: un coup d’oeil (et de palais) exceptionnel pour étudier quatre parcelles où l’on cultive du sangiovese destiné à des cuvées de brunello. De ces parcelles, trois sont utilisées dans le brunello d’entrée de la maison, puis la quatrième est réservée pour le Poggio Alle Mura, une cuvée de milieu de gamme pour Banfi. Les vins, tirés de la barrique expressément pour l’occasion, sont issus du millésime 2012, encore bien jeune.

Le terroir Casanova est doté d’alluvions et de sable, avec quelques galets et du calcaire. D’un brun olivâtre, il est relativement peu compact, ce qui permet un assez bon drainage. Le vin résultant avait toute de même une assez bonne intensité tannique et démontrait une certaine chaleur alcoolique. Très anisé, surtout après aération, il montre un caractère ample, épicé et fruité. Son apport à l’assemblage final sera certes le corps.

BanfiLe vin du terroir Poggio d’Orcia, quant à lui, s’est révélé plus juteux, ouvert et accessible que le précédent. Le sol y est sensiblement plus pierreux, avec un peu moins d’alluvions et de calcaire que dans le précédent. Le drainage y est comparable. Au bout du compte, plus fruité et fleuri, ce vin apportera un côté charmeur à l’assemblage final.

Nous sommes ensuite passés au terroir Sorrena, plus argileux et sablonneux que les précédents, sans être très compact, le drainage y sera un peu plus difficile que sur les autres parcelles, vu la présence de l’argile. Il est également doté de strates pierreuses relativement peu compactes. Le vin qui en est tiré a démontré de la minéralité et un apport tannique structurant; il est clair que la masse osseuse en sera tirée pour l’assemblage final.

C’est le Podernovo qui est réservé à la cuvée Poggio Alle Mura. Ici, la sélection clonale a été particulièrement méticuleuse, vu l’importance du rôle de ce terroir dans la cuvée. Très argileux, doté de strates pierreuses et de plus en plus compact à mesure que les racines s’enfoncent dans le sol, ce terroir offre un vin très puissant au niveau tannique, avec beaucoup de structure, mais aussi une grande complexité aromatique. C’est un joueur qui pourrait aisément faire cavalier seul.

Je tiens à remercier Luc Provencher de chez Charton Hobbs pour cette invitation, ainsi que les représentants de la maison Castello Banfi pour cette dégustation éducative. Pour mes notes de dégustation sur les vins de Banfi, c’est plus bas.

Le Sommelier Fou

Brunello di Montalcino DOCG 2008

Poggio Alle Mura Brunello di Montalcino DOCG 2008

Poggio Alle Mura Brunello di Montalcino Riserva DOCG 2007

Poggio All’Oro Brunello di Montalcino DOCG 2007

Photo: fleurmach.wordpress.com

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Remember Dolly? That curly, cloned little thing that was a carbon copy of another sheep? The field of genetic replication continues to fascinate mankind, as it’s trying to create circumstances that will allow us to live longer, in better health. Stem cell research still raises controversy to this day: can you recreate humans, or sections of humans, just for the benefit of having access to spare parts?

Man has been interested in clones for quite some time, case in point: viticulture. The winemaker who spends most of his/her time in the field looks at the behaviour of each of his/her vines and identifies those who are more susceptible to give quality grapes on this specific terroir. He/she knows which vines to count on best, and those who do not respond so well to what that specific plot of land has to offer.

Truth is, in this case, you’re not necessarily stuck with those vines: the winemaker can, if so desired, create the ultimate field, with his/her vines of choice, in the hopes of raising his/her wine’s quality. There are two ways to go about it:

MASS SELECTION

You could chose a variety of vines for their different qualities: their capacity to give riper fruit, or to give higher yields, their natural resistance to certain predators or to frost, or simply the certain taste profile they give to the grape and, ultimately, the wine. You may decide you want a field full of a variety of these vines. So you will clone them all.

CLONAL SELECTION

Photo: amarkedman.com

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In this case, there’s only one vine that you’re really into. It’s the apple of your eye, it does what you want, the way you want it. You’re thinking: if only all the vines in my field were like that one! Well, it’s quite possible; the same way you can have a field full of your all-star team, you can have the same damn vine all over the place.

And you can do this completely naturally, to boot. Once you’ve identified your vine(s) of choice, you allow it to grow some cuttings, and you plant those. What you get is a vine that’s identical to the mother vine, with all its characteristics. It draws from the principles of asexual reproduction, where there’s little, even no need for fertilization. Peppermint, for example, grows naturally through this process. It may look like I’m oversimplifying, and I am, overlooking the important sanitary steps to keep your cuttings healthy, but in all, this is the way you clone a vine.

There’s a real advantage in mass/clonal selection for the winemaker, which is to optimize the conditions from which you can draw a high quality wine. The downside is that you end up making a predictable wine, almost monotonous; imagine everyone was using the same damn Pinot Noir clone. Because yes, there are a shitload of Pinot Noir clones out there. One would quickly get bored. Another big disadvantage brought forth by cloning has to be the weakening of the species: if your vine is particularly sensitive to a certain disease, all its clones will suffer from the same flaw, so much that if said disease shows up in your clone-filled field, you’re done.

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Photo: cntraveller.com

Photo: cntraveller.com

Initially, the invitation that was sent to us from Castillo Banfi’s agents in Quebec, Charton Hobbs, was to taste wines made from different clones of this Tuscan wine house. The tasting was showing lots of promise, seeing as the winery had been working on clonal selection for the last twenty years, in conjunction with the University of Milan. However, we were treated more to a parcel tasting than a clonal tasting. People at Banfi obviously made sure that the right clones were planted on the right lots, through trial and error, but not a lot of info was provided in terms of which specific clones were planted in which specific lots. No biggie for me, as the tasting of different lots was just as interesting: it’s not everyday that you get to taste different pieces of a puzzle.

And that’s what Banfi offered us on that day: an exceptional glimpse at four of their terroirs, all planted in Sangiovese destined to be used in Brunello wines. Of these four, three are used in the blend for the house’s entry-level Brunello, and the fourth is saved for Poggio Alle Mura, Banfi’s mid-level Brunello cuvée. The wines were taken out of barrel especially for the occasion, all from the 2012 harvest, so still quite young.

The Casanova terroir is alluvial and sandy, with some rocks and calcareous content. The sol is olive brown, not really compact, so it allows for rather good drainage. The resulting wine nonetheless showed some tannic intensity and some alcohol heat. Showing lots of anise, especially after getting some air, it displayed an ample, spicy, fruity character. Its job in the blend will certainly be to add body.

BanfiAs for Poggio d’Orcia, it felt juicier, more open and accessible than the previous wine. Here, the soil is slightly rockier, with less alluvial and calcareous deposits than in Casanova. Drainage is comparable. In the end, this fruitier, more floral wine will likely bring charm to the final blend.

We then gave the Sorrena terroir a spin; with more clay and sand than its predecessors without being too compact, drainage will be slightly more strenuous than on the other lots, because of the clay content. It also has strata of stone that are not too compact. The resulting wine was more mineral and had structuring tannins; this one is going to bring backbone to the final blend.

Podernovo is saved for the Poggio Alle Mura cuvée. Here, clonal selection has been particularly meticulous, seeing the importance of this terroir in the final cuvée. With lots of clay, and with stone strata that are more and more compact the further you go into the soil, this terroir offers a wine with very powerful tannins, lots of structure, but also great aromatic complexity. This wine would be fabulous on its own.

I would like to thank Luc Provencher from Charton Hobbs for this invitation, as well as the fine fellows from Castello Banfi for this educational tasting. For my tasting notes on Banfi wines, keep scrolling.

Le Sommelier Fou

Brunello di Montalcino DOCG 2008

Poggio Alle Mura Brunello di Montalcino DOCG 2008

Poggio Alle Mura Brunello di Montalcino Riserva DOCG 2007

Poggio All’Oro Brunello di Montalcino DOCG 2007