Les (vrais) bienfaits du vin – The (true) benefits of wine

Capture d’écran 2014-08-21 à 05.39.48 PML’autre jour, j’ai reçu un courriel qui me recommandait de partager un flowchart sur les bienfaits du vin, et ce flowchart m’était fourni en pièce jointe.

Esthétiquement très joli, le flowchart, mais les bienfaits qui y étaient énumérés étaient scientifiquement discutables, du moins dans leur forme. On y lisait le genre de truc qui fait grafigner le scientifique en moi. Disons-nous les vraies choses: on ne peut réduire une étude scientifique à un one-liner. Trop de compagnies exploitent ce format pour faire avaler les pires conneries aux gens. On se rappellera de l’industrie du tabac, au milieu du siècle précédent, et la chiée de docteurs qu’ils ont convaincu d’apparaître dans leurs publicités.

Les polyphénols dans le vin préviendraient la carie? Z’êtes allés en France récemment? Z’ont pas de caries, les Français. Bon, z’ont plus d’émail non plus, mais c’est un détail, vous me direz…

Bref, j’ai choisi de ne pas partager le flowchart, non seulement pour cette raison, mais aussi parce que le logo de la compagnie du mec s’y trouvait, gros gros, et que je ne donne pas d’espace publicitaire sur mon blog. Si le monsieur avait eu la gentillesse de me signifier qu’il comptait en tirer profit, je ne dis pas, j’aurais peut-être refusé poliment.

Je le remercie à tout le moins de m’avoir donné l’idée de vous parler des bienfaits du vin, des vrais, de ceux qui n’ont pas besoin d’être appuyés par la science ou soutenus par les poches profondes des conglomérats du vin. Ceci dit, ce n’est pas parce que leur découverte ne réside pas dans le processus scientifique qu’ils n’ont pas été éprouvés de façon empirique. Des années de « recherche » ont été dévouées à la découverte des préceptes que vous vous apprêtez à lire. Et avis aux tatas qui sont assis dans les estrades populaires: nous prenons ici pour acquis une consommation modérée d’alcool dans l’établissement des bienfaits qui suivent.

Qu’est-ce qu’une consommation modérée, me demandez-vous? Poser la question, c’est un peu y répondre, mais vous me permettrez de citer la regrettée mémoire de Robin Williams afin d’exemplifier ce que c’est qu’une consommation immodérée: si vous vous réveillez un matin, avec vos vêtements de la veille sur le dos et que vous vous dites « Wow! Quelqu’un a chié dans mes pantalons! », ou qu’après quelques verres, vous avez envie de manger de la bouffe indienne, et que vous vous réveillez à Mumbai avec un chameau en train de vous lécher, ou que vous faites des trucs qui font que le Diable vous dit « Je crois que je vais rentrer, moi… », votre consommation n’est pas modérée. C’est bon?

Allons-y gaiement:

LE VIN RÉJOUIT

Photo: gettyimages.co.uk

Photo: gettyimages.co.uk

On peut se parler de bienfaits sur la santé physique possiblement attribuables au vin jusqu’à ce qu’on vienne bleu dans la face, mais il n’en demeure pas moins que le vin a cette capacité d’alléger notre perception de la vie, d’endormir de façon temporaire nos inhibitions et de nous permettre de passer une belle petite soirée, loin des tracas du quotidien, et que sa capacité à améliorer notre santé mentale n’est pas à dédaigner. La consommation d’alcool, jumelée à une bonne dose d’anecdotes savoureuses, de jokes grivoises et de récits de mésaventures cocasses qui n’en finissent plus, contribue à la sécrétion de dopamine, qui fera entrer votre corps dans un état de relaxation qui contrecarrera les effets du stress.

Attention, par contre, car une consommation exagérée d’alcool aura l’effet contraire: si le cerveau ne bénéficie plus de la dopamine (dont la sécrétion cesse avec l’abus d’alcool), ce sera la dépression assurée. L’auto-régulation est un art.

LE VIN REHAUSSE

Photo: made-in-italy.com

Photo: made-in-italy.com

L’adage est quasi-devenu cliché: un repas sans vin est comme une journée sans soleil. Tout repas, avec un bon verre de vin, prend une valeur qui excède la somme de ses parties. Je me rappelle encore un terre et mer dégusté à la station touristique de Duchesnay, accompagné d’un verre de crozes-hermitage Domaine de Thalabert qui avait de l’âge; les saveurs de tabac et de cerise dansaient avec la pièce de boeuf, et les tannins fondus permettait d’apprécier les crevettes… Et que dire de la sauce à la fleur d’ail et au cognac? Voyez? Avec ce simple souvenir, je viens de m’envoyer une ligne de dopamine.

LE VIN CONSACRE

Le vin, c’est connu, marque nos rituels les plus importants: on porte un toast aux nouveaux mariés, on baptise la nouvelle embarcation au champagne, on trinque au disparu. Le symbole de la communion du Christ (Et boum! bienvenue aux dévots fondamentalistes qui viennent de taper « sang de Jésus » dans Google) a teinté nos rites de passage même les plus païens, comme la signature d’un nouveau contrat, l’obtention d’un emploi, une annonce importante. Les adieux, parfois, se boivent. Étrange paradoxe: partout où il y a devoir de mémoire, le vin (ou l’alcool, selon les cultures) est là. Le vin ajoute à la solennité de nos décisions et de nos gestes, les scelle en quelque sorte. Et la certitude, si elle n’est pas permanente, engendre un sentiment de sécurité. En consacrant ainsi, le vin rassure, assure. C’est un pacte par le sang… de quelqu’un d’autre.

LE VIN RASSEMBLE

:-)

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Note personnelle: ce blog, en plus de me permettre de peaufiner ma plume, m’a fait découvrir encore davantage la richesse de connaissances que le vin peut offrir, mais cela n’est pas aussi précieux que les amis que j’en ai tirés. À tous ceux qui rôdent sur les réseaux sociaux, simplement pour pisser sur le caractère surpersonnel, voire exhibitionniste des intervenants, et qui nous emmerdent avec leurs généralisations de moins de 140 caractères sur le je-me-moi, sachez que ces gens que vous regardez de haut se réunissent dans la vraie vie, choisissent de se rencontrer pour partager une quille, se parler de vraies choses, avoir de vraies émotions. Des amitiés solides, authentiques se tissent autour du vin et par-delà les uns et les zéros du Web. On choisit délibérément de briser la barrière cathodique pour une lampée de réel. Et on boit. Y a des mamans blogueuses, des foodies, des fashionistas qui se sont vu(e)s pour vrai, et plus qu’on pense, et sans téléphone ou tablette à la main. Une fois, au chalet. Et je suis sûr que dans ces occasions, le vin était partagé dans l’allégresse.

Tu peux mettre ça dans ton flowchart, l’ami.

Le Sommelier Fou

 

Capture d’écran 2014-08-21 à 05.39.48 PMI got an email from someone the other day suggesting that I share an attached flowchart on the benefits of wine.

While aesthetically well done, the flowchart enumerated scientifically debatable benefits, at least in the way they were formulated. The kinds of things that make the scientific in me cringe. Let’s tell it like it is: a scientific study cannot be reduced to a one-liner. Too many companies have exploited this format to make you swallow the stupidest things. Remember the tobacco industry, midway through the last century, and the plethora of doctors they convinced to appear in their ads.

So polyphenols in wine would help prevent cavities? Have you been to France, lately? The French do not have cavities. Sure, they don’t have any enamel left either, but that’s another point…

So I elected not to share said flowchart, not only for this reason, but also because the guy’s Company logo was featured on it, like real big, and I don’t give advertising space on my blog. Had the guy been open enough to admit he was looking for a little visibility, je ne dis pas, I would probably have refused politely.

I do want to thank this fellow, though, for giving me the idea of talking about the benefits of wine, the real ones, those that need not be backed by science or supported by deep pockets and wine conglomerates. This being said, it is not because they have not been discovered through the scientific method that they have not been empirically tested. Years and years of « research » have been devoted to what you are about to read. And for those of you sitting in the peanut gallery: yes, we are considering moderate consumption as essential to the occurrence of these benefits.

So what is considered moderate, you ask? If you must ask, it kind of answers the question, but allow me nonetheless to quote the late Robin Williams to exemplify the opposite, immoderate consumption: if you wake up one morning, fully clothed, and you say « Wow! Somebody shit in my pants! », or if after a few drinks, you start craving Indian food, and you wake up in Mumbai with a camel licking you, or if you do things that would make the devil go « I think I better get home, now… », you consumption is not exactly moderate. Are we good?

So let’s go see:

WINE REJOICES

Photo: gettyimages.co.uk

Photo: gettyimages.co.uk

We could talk about the benefits potentially attributable to wine on your physical health until we are blue in the face, but first and foremost wine has this capacity to lighten up your perception of life, to temporarily lull our inhibitions to sleep and to allow to have a damn good time, far from everyday worries, and its benefits on one’s mental health is not to be undermined. Alcohol consumption, paired with a good dose of tasty anecdotes, jokes that are a little blue tales of wacky misfortunes contribute to the secretion of dopamine, which will allow your body to enter a state of relaxation that will override any effects of stress.

But be warned, because excessive alcohol consumption will have the adverse effect: if your brain becomes dopamine-deprived (its secretion ceases with abuse of alcohol), it will be depression for sure. Self-regulation is an art.

WINE ENHANCES

Photo: made-in-italy.com

Photo: made-in-italy.com

The saying has now reached cliché status: a meal without wine is like a day without sunshine. Any meal, with a nice glass of wine, reaches a value that exceeds the sum of its parts. I still recall this Surf ‘n’ Turf I had at Duchesnay Touristic Station, paired with a glass of aged Crozes-Hermitage Domaine de Thalabert; the flavors of cherry and tobacco were dancing with the piece of meat, and the molten tannins made way to the shrimp… And don’t get me started on the garlic flower and Cognac sauce! See? With this simple memory, I just snorted a whole line of dopamine.

WINE BLESSES

Wine is part of our most important rituals: we toast the newlyweds, we christen a new boat with Champagne, we drink to the departed. The symbol of Christ’s communion (And Bam! Welcome to all the fundamentalists who just googled « Blood of Christ ») has influenced even our most pagan celebrations, like the signing of a new contract, getting a job, an important announcement. Goodbyes are sometimes said with a beverage. Strange paradox: everywhere there is a certain importance of remembrance, wine (or alcohol, depending on the culture) has a role. Wine brings a solemn dimension to our decisions and moves, seals them in some way. And the certainty that comes with it, while not permanent, comes with a feeling of security. Thus by blessing this way, Wine reassures, guarantees. It’s a pact made with the blood… of someone else.

WINE UNITES

:-)

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Personal note: this blog, on top of allowing me to sharpen my pencil, made me discover the vast wealth of knowledge that comes with studying wine, but this is nowhere near as precious as the friends it brought me. To all you social media creepers, who come along simply to piss on the superpersonal, exhibitionist character that sometimes comes with use of social media, annoying us with your 140-characters-or-less generalisations on the me-myself-I of social media, just know that some of the people you look down on meet in real life, choose to gather up and share a bottle, to chat about real things, express real emotions. Rock-solid, authentic friendships are made around wine, beyond the ones and zeros of the Web. The choice is deliberately made to overcome the cathode barrier for a sip of real. And we drink. Blogging moms, foodies and fashionistas alike have met for real, and more often than one would think, with their phones or tablets tucked away. Maybe even in a cottage, somewhere. And I would wager good money that on those occasions, a few bottles were merrily popped.

You can put that in your flowchart, buddy.

Le Sommelier Fou