Service Canadien de la Faune: corollaire – Canada Wildlife Service: a corollary

Photo: getchef.com

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J’ai été pas pire dur avec vous, les agents, dans mon dernier texte (avec Oenopole aussi, mais y sont capables d’en prendre…). Je n’ai pas accordé beaucoup de mérite à ce que vous faites, en vous faisant répéter, ad nauseam, que ça revenait à 200$ la caisse et autres variantes. C’est chien, je l’admets, parce que c’est passer outre la véritable passion de certains. J’en parlerai plus bas. Mais reste que ça pointe quand même vers une situation qui, personnellement m’enquiquine. La vérité, que vous n’aimerez possiblement pas, est simple: certains d’entre vous pourraient faire une bien meilleure job. Je m’explique. Lisez, puis sentez-vous bien libres de m’écrire après pour me signifier que vous me dites pas comment bloguer.

Nonobstant les bouteilles connes qui se vendent toutes seules, parce que le vin qu’elles contiennent se fait tout seul, pourvu qu’on ajoute le bon produit au bon moment, ou qu’on pratique l’osmose inverse et la chaptalisation comme l’on joue au parchési ou à la floune, la plupart des vins sur le marché ont une histoire à raconter, et la plupart de ces histoires sont intéressantes (pas toutes, non, mais la plupart).

Connaissez-vous l’histoire derrière tous vos vins? Parce que vous devriez. Et je ne parle pas nécessairement de la méthode de vinification, ou des choix de viticulture, non, quoique cela demeure encore plus intéressant que de savoir si ce vin est en appro continue ou par lot, ou s’il sera l’objet d’une promo bientôt. Non, je vous parle de l’histoire humaine, comme on le disait dans une école où j’ai déjà enseigné.

Bien sûr, vous pouvez avoir réponse à toutes les questions mercantiles: c’est en approvisionnement continu ou par lot? Ça vaut combien? Ça vient en caisses de 6 ou de 12? C’est même fichtrement important de connaître ces réponses au moment de « closer le deal », comme on dit.

Photo: michaelmilton.com

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Mais, batinse, attendez d’avoir une morsure à l’appât avant de parler affaires! Qu’en est-il de la séduction? Parlez-nous du vin, apportez-nous dans la parcelle dont il provient, faites-nous sentir les rosiers au bout de chaque rang, faites-nous nous pencher vers la terre usée et aride qui soutient les vignes, faites-nous goûter l’essence de ce terroir, cette poussière divine qui habite le vin que vous nous suggérez. Faites-nous mordre dans le raisin, alors qu’il est à pleine maturité et qu’il est sur le point d’être foulé. Faites-nous imaginer ce vigneron ou cette vigneronne, parlez-nous de ce feu qui les a fait choisir le métier fou de faiseux de vin. Parlez-nous des morceaux de casse-tête qui, une fois réunis, ont fait de ce vin quelque chose de plus grand que la somme de ses parties.

Faites-nous frémir. Séduisez-nous. Après avoir goûté au vin, vous n’aurez plus à faire trop d’effort pour nous faire acheter le flacon.

***

Il y a, autour de vous, dans vos bureaux même, souvent, des exemples de passionnés, de trippeux fous de vin qui ont choisi de nous le vendre de la belle façon. Il ne sert à rien ici de les nommer, vous savez qui ils sont. Vous les regardez agir dans les salons, vous les écoutez parler… vous les enviez, avouez-le. Vous voudriez connaître leur secret. C’est simple: ils se sont investis corps et âme dans le vin. Car pour eux, le retour sur investissement n’est pas une valeur financière. L’important, c’est de contaminer l’autre avec ta maudite maladie du vin. C’est comme ça qu’il va revenir t’en acheter une, deux caisses.

Quelque chose me dit que, si vous leur demandez s’ils ont lu Kermit Lynch, ils vous répondront par l’affirmative.

Photo: nytimes.com

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J’ai récemment lu « Mes aventures sur les routes du vin« , par le célèbre importateur californien Kermit Lynch. J’ai été tellement saisi par la sincérité de ce livre que je l’ai pris en photo, photo que j’ai ensuite publiée sur mes plateformes sociales, en disant que ça devait être là une lecture obligatoire pour tout représentant en vin. Je persiste et signe, car Monsieur Lynch fait oeuvre d’honnêteté et, surtout, profession de foi envers le vin; il ne cache jamais qu’il est dans le business du vin, parle essentiellement de domaines qui ont fait ou font toujours partie de son portefeuille et se révèle à travers tous les vins dont il nous parle. On peut d’ailleurs ne pas toujours être d’accord avec ses propositions: dans le livre, il se montre plutôt froid à la cuve inox en tant que vaisseau de vieillissement du vin, et lui préfère un chêne bien dosé, à l’apport gustatif minimal mais permettant toutefois la lente oxydation nécessaire à la maturation du vin. Il ne croit pas non plus à la dégustation à l’aveugle. Ah ben. Mais on ne peut qu’admirer la véritable passion qui l’anime.

Photo: thisismoney.co.uk

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La passion est inspirante, elle fait lever le poil sur les bras, elle inspire à devenir meilleur. Le vin, essentiellement, est affaire de passion. Si le vin vous passionne, exsudez cette passion afin d’en imprégner tous ceux et celles qui vous entourent. Bon, exsuder n’est peut-être pas à propos ici, mais vous me suivez pareil.

Si le vin ne vous passionne pas, allez vendre des balayeuses. Et encore, y a des vendeurs de balayeuses passionnés. Si tel n’était pas le cas, je serais pas pogné avec une Dyson.

Le Sommelier Fou

Photo: getchef.com

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I was a little rough on you in my last post, dearest wine agents (I was tough on Oenopole as well, but they can take it…). I don’t feel I gave some of you the credit they deserve for what they do, but rather made you repeat « it goes for 200$ a case » incessantly and in many variations. It’s cruel, I admit it, because it overlooks some of your fellow agents unquenchable passion. More on that later. But it does point to a certain situation that’s been a bee in my bonnet for quite some time now. Truth is, and you won’t like it, is that some of you could do a far better job. Allow me to explain in the following lines, and then feel free to remind me that you never told me how to write my blog.

Notwithstanding the stupid bottles of plonk that just sell themselves, because the wine they contain is devoid of human touch, seasoned with the right product at the right time, or it’s been reverse osmosissed or chaptalized up the wazoo, most wine bottles have a story to tell, and most of these stories (not all, I’ll give you that) are interesting ones.

Do you know the story behind all your wines? Because you should. And I’m not talking about winemaking methods here necessarily, or even viticultural choices, no, although this remains far more fascinating than the regular or occasional availability of your product, or if it’ll be on sale soon. No. I’m talking about the human factor behind your wines. That’s what we (I) want to hear.

Of course, you have to be somewhat ready for any mercantile inquiry: is it available all the time or for a limited time? How much is it? It comes in cases of 6 or 12? As the moment where you « close the deal » approaches, it even becomes essential.

Photo: michaelmilton.com

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But please, how about a little foreplay before we get to business? Whatever happened to seduction? Tell us about the wine, bring us where it comes from, let us smell the roses at the end of each row, let us kneel on the dry, arid soil that supports the vine, let us taste the essence of that terroir, the divine dust that inhabits the wine we’re tasting. Let us bite the grape, fully matured and on the verge of being crushed. Let us imagine the winemaker, tell us about the fire in her/his eye that led her/him to embrace the crazy vocation of winemaking. Give us bits of the puzzle that, once united, turned this wine into something bigger than the sum of its parts.

Make us shiver. Seduce us. Then, once we have tasted the wine, you won’t have to do much else to get us to buy it.

***

They are among you, you might even have some in your offices: they are prime examples of people who chose to sell wine for the right reasons, because they were trippin’ mad on the stuff. No need to name them here, you know who they are. Watch them do their thing at wine shows, listen to them… Admit it, you envy them. You want to know their secret. It’s simple: they just gave themselves up, body and soul, to wine. For those people, the return on investment is not a financial value. The important thing is to get somebody else infected with that damned wine disease. This is how the client comes back to buy another case, and another one…

I’m pretty sure if you ask those people if they have read Kermit Lynch, they will tell you that yes indeed, they have.

Photo: nytimes.com

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I recently read « Adventures on the Wine Route« , by famed Californian wine importer Kermit Lynch. I was amazed by the sincerity of this book, so much so that I took a picture of it, which I posted on Instagram, with a caption saying that every sales rep should make this a compulsory read. I stand by what I said, because Mr. Lynch deals with honesty in this book and, foremost, just devotes himself to the idea of wine; nowhere in the book does he conceal that his main focus is on wine trade, he will speak mostly of wineries and domaines that are part of his portfolio, and he reveals himself slowly, through every wine he talks about. There are even times where you may disagree with him: in the book, he often gives a cold shoulder to stainless steel-aged wines, to which he prefers a well-dosed oak vessel, bringing minimal taste to the wine but allowing for a slow, controlled oxidation, so necessary to the maturation of a wine. He’s not a big fan of blind tasting either. Oh well. You have to admire the man’s drive and passion.

Photo: thisismoney.co.uk

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Passion is inspiring, it gives you goose bumps, it pushes you to be better. Essentially, wine is a matter of passion. If wine is your thing, the passion should ooze out of you and touch everyone within your path. Ooze out might be an unfortunate choice of words, but you catch my drift, right?

But if wine isn’t your thing, you could always sell vacuum cleaners. Then again, there are very passionate vacuum cleaner reps out there. If not, I wouldn’t be stuck here with a Dyson.

Le Sommelier Fou