Ribera bien qui Ribera le Duero – Prime Ribera

Photo: asebor.com

Photo: asebor.com

Si je vous dis Espagne, vous répondez quoi? Dites n’importe quoi, sauf “olé”, d’accord? Moi, je pourrais vous dire bien des choses, en somme, en variant le ton. Par exemple, tenez: Ribera del Duero. Connue comme la petite soeur, la région qui attend dans l’ombre de la majestueuse Rioja. Pour tout vous dire, elle n’a pas à rougir devant sa grande soeur, car cette région viticole de la péninsule ibérique produit des vins de grand intérêt.

J’ai récemment assisté à un salon organisé par l’ASEBOR (Associacion Empresarial de Bodegas D.O. Ribera del Duero), salon qui devait initialement se dérouler au Delta de Montréal, mais qui a été déplacé, à une journée d’avis, au Hilton. Bah, on fait avec. Cet imprévu, du reste malencontreux et porteur de stress si vous êtes l’organisateur, a donné lieu à quelque chose d’intéressant: les exposants, qui venaient promouvoir leurs vins à la recherche de représentation au Québec pour la plupart, ont dû s’installer dans des suites plutôt que dans une salle de congrès. Le concept, visiblement improvisé, s’est avéré intimiste et franchement plus intéressant que n’importe quelle autre approche.

Que devez-vous savoir sur la Ribera del Duero, en un seul paragraphe? D’abord, que le cépage qui y règne en roi et maître est le tempranillo, qui y porte aussi le nom de tinta del pais ou de tinto fino. On y trouve autre chose, certes, dont nos bons vieux cépages internationaux, mais le gros de ce qui s’y vinifie est constitué du cépage emblématique de l’Espagne. On y suit les préceptes de vieillissement qui ont cours dans la Rioja également: on a les joven (pas de passage dans le bois), les roble (environ 4 mois de chêne), les crianza (on dit crianfa, et ça représente un minimum d’un an en barrique sur deux ans de vieillissement), les reserva (trois ans de vieillissement, dont une année en chêne) et les gran reserva (cinq ans de vieillissement, dont deux en chêne).

Photo: portalvacaciones.com

Photo: portalvacaciones.com

Cet événement avait ceci d’intéressant qu’il permettait de comparer les vins d’une même maison selon la méthode de vieillissement privilégiée, mais aussi de comparer des criazas ou des gran reserva de maisons différentes, à la recherche de signatures diverses ou d’apports particuliers du bois, car toutes les maisons n’utilisent pas nécessairement le même genre de barrique: les uns vont vers le chêne français, d’autres vers le hongrois, et il s’en trouve même pour importer du chêne américain, c’est vous dire.

Il sera plus difficile de détecter la trace du terroir quand un vin a été soumis à un tel processus de vieillissement. Pas impossible, mais certes plus difficile. Ceci dit, cela n’enlève rien à la qualité générale des produits qui ont été offerts.

Je vous propose un court florilège des produits qui m’ont davantage plu, même si je sais que vous n’en trouverez que très peu, voire pas, dans votre succursale SAQ préférée. Ceci dit, vous pouvez en appeler de vos agences d’importation préférée pour voir s’il n’accepteraient pas de représenter l’une de ces maisons, afin de rendre ces vins disponibles chez nous. Ça en vaudrait la peine, car ils sont délicieux. Alors voici:

Photo: Ricardo Melgar, panoramio.com

Photo: Ricardo Melgar, panoramio.com

VALDUERO GRAN RESERVA 2001

L’un des rares vins disponibles en SAQ (Signature), il a patienté pas moins de quatre-vingt-huit mois avant d’être mis en marché: quatre ans en barrique, quarante mois en bouteille. Pourtant, l’ensemble est doté d’un équilibre difficile à battre, et le chêne n’est pas exagéré, ce qui ne peut que surprendre. À 94$, on n’en met pas sur ses rôties, mais c’est le genre de truc qu’il est bon d’avoir au cellier, d’abord parce qu’il est capable de prendre encore de l’âge, mais aussi parce que,  la fin d’une veillée, quand il ne reste plus qu’à s’asseoir et à jaser de comment on va changer le monde, ça se sort bien en titi.

ASENJO & MANSO A & M 2006

Un vin immense, élevé sous bois somme toute modestement (dix-huit mois), mais où la matière est abondante et savoureuse. Promis à une longue vie, ce vin aux saveurs mûres et concentrées peut très bien se comporter à table maintenant si vous le carafez. En tout et partout, quelque 5300 bouteilles de ce vin ont été rendues disponibles. Tout simplement magnifique.

ARROYO RESERVA 2008

C’est un peu scandaleux, compte tenu du prix au chai de ce vin, qu’on n’ait pas ça dans nos bienveillantes SAQ. Certainement le meilleur rapport qualité/prix rencontré lors de ce salon, ainsi que toute la gamme de la maison Arroyo. De facture classique, avec ses fruits noirs, son tabac et son chêne (il a fait quinze mois de barrique et deux ans de bouteille) bien en place, il va très bien se comporter à table, avec des grillades mixtes sans prétention. À surveiller.

PAGO DE LOS CAPELLANES EL NOGAL 2009

Photo: pagodeloscapellanes.com

Photo: pagodeloscapellanes.com

La maison Pago de los Capellanes fait dans la profondeur et dans la générosité. J’aurais très bien pu choisir l’un ou l’autre des vins qu’ils avaient à proposer pour l’occasion, mais j’y suis allé pour celui-ci, l’un des rares vins de parcelle unique offert lors de ce salon promotionnel. Après tout près de deux ans en barrique, ce vin est lâché lousse sur le marché. Beaucoup de complexité, une structure tannique bâtie pour la route, du fruit, du fruit et encore du fruit. J’ai aimé ça, ça paraît-tu?

BODEGAS PASCUAL DIODORO AUTOR 2005

Ce vin a déjà un certain âge, mais démontre encore assez d’étoffe pour faire du chemin. Pourtant fait à 100% de tempranillo, c’est le plus bordelais de tous les vins que j’ai dégustés ce jour-là. Fruits noirs, graphite, cuir, tannins souples tout en offrant une certaine structure… Manquait plus que la viande rouge.

Je sais, le plus triste dans cet article est que vous aurez bien du mal à trouver ces vins ici. Je réitère: achalez votre agence d’importation privée préférée pour qu’elle s’intéresse à l’un ou l’autre de ces domaines. Vous verrez, il suffit parfois de demander.

Le Sommelier Fou

Photo: asebor.com

Photo: asebor.com

If I say Spain, what do you answer? Say anything you want, but don’t say “Olé!”, alright? I, for one, could say many things, in different styles and tones. I could say this: Ribera del Duero. Known as the little sister, the region waiting in majestic Rioja’s shadow. I could tell you also that Ribera should not have to be considered inferior to Rioja, because this region produces high-quality wines that are reason enough for it to hold its head high.

I was recently invited to an event organized by ASEBOR (Associacion Empresarial de Bodegas D.O. Ribera del Duero), a wine show of sorts that was initially supposed to be held at the Montreal Delta, but was moved, with 24 hours notice, to the Montreal Hilton. Bah, whadya gonna do? This mishap, albeit unfortunate and stress-inducing if you’re the organizer, made for something truly interesting: winery exhibitors, which came for the most part to seek representation in Quebec, had to set up shop in suites rather than in a convention room. The obviously improvised concept made for an intimate experience, far more interesting than any other approach. It should be looked into.

What should you know about Ribera del Duero, in one paragraph? Well, that Tempranillo is the grape of choice for reds, where it also bears the name Tinta del Pais or Tinto Fino. Sure, you can also find other stuff, like our good old international varieties, but most of what you’ll find there comes from Spain’s flagship grape. You also need to know that Rioja’s ageing rules apply also, for the most part, in Ribera del Duero: you’ll find Joven (no time in oak), Roble (about 4 months of oak), Crianza (it’s pronounced crianfa, and it’s six m0nths minimum in oak over two years of ageing), Reserva (three years of ageing, with at least one in oak) and Gran Reserva wines (five years of ageing, with at least two in oak).

Photo: portalvacaciones.com

Photo: portalvacaciones.com

This event was interesting because it allowed you to compare head-on wines from a same house with respect to the ageing process, but also to compare Crianzas or Gran Reservas from different houses, looking for different signatures and styles, because not all houses use the same kind of barrels: some use French oak, others go for Hungarian, and there are even some that import American oak, it goes to show you.

It’s a bit harder to detect terroir when a wine’s been through such an ageing process. Not impossible, but undeniably harder. With this in mind, it didn’t take anything away from the overall quality of the wines that were presented.

Here’s a short list of the wines I liked the most, even if I know you won’t be able to find most of them in your benevolent neighbourhood SAQ. This being said, you can always call your favorite private import agency, to see if they wouldn’t be interested in carrying wines from one of these houses. It would be worth your while, because they are delicious. So here it goes:

VALDUERO GRAN RESERVA 2001

Photo: Ricardo Melgar, panoramio.com

Photo: Ricardo Melgar, panoramio.com

One of the few available in SAQ (Signature), it waited no less than eighty-eight months before it was released: four years in oak, forty months in bottle. Despite that, the ensemble is so well, balanced, even the wood is not out of place, which one was justified to expect. At 94$, let’s just say you don’t put it on your toast, but it’s a good thing to have in your cellar, first because it can still take some ageing time, but also because on those end-of-evening metaphysical conversations about changing the world, it’s a good bottle to bring out.

ASENJO & MANSO A & M 2006

An immense wine, with a somewhat modest oak ageing period (eighteen months), but with an abundance of flavors and depth. It’s got plenty of time ahead to become even better, but the concentration of fruit is such that, provided you decant for a while first, it will do wonders at the table. Only 5,300 bottles of this wine were released. Simply magnificent.

ARROYO RESERVA 2008

Considering the cost value of this quality wine, it is a shame that we don’t have it in SAQs. Certainly the best value I came across during this wine event, and this goes for all the wines from Arroyo. Classic in its style, with its black fruit, tobacco and oak (fifteen months in barrel, two years in bottle) well in place, it’s the perfect match for your summer mixed grill. Look out for it..

PAGO DE LOS CAPELLANES EL NOGAL 2009

Photo: pagodeloscapellanes.com

Photo: pagodeloscapellanes.com

Pago de los Capellanes winery looks for depth and generosity. I could have easily talked about any of their wines in this article, but I chose this one because it was an all-too-rare example of a single parcel wine at this wine show. This wine was released after almost two years in barrel. Lots of complexity, a built-to-last tannic structure and fruit until the cows come home. I liked it a lot, does it show?

BODEGAS PASCUAL DIODORO AUTOR 2005

This wine’s seen a few seasons, but it shows enough substance still to spend some more time waiting. Even though it’s made from 100% Tempranillo, it’s the most Bordeaux-like f all the wines I tasted on this occasion. Black fruit, graphite, leather, supple tannins that still offer some structure… All that’s missing is the red meat.

I know: it’s sad to think you won’t be able to find most of these wines here in Quebec. Let me reiterate: bug your favorite private import agency to see if it would be interested to represent those wines. you’ll see, sometimes all you need to do is ask.

Le Sommelier Fou