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Ce n’est pas à moi d’indiquer que je fais du vin bio, c’est aux autres d’indiquer qu’ils font du vin chimique.
- Marcel Lapierre.
Ça fait réfléchir, non?
Ben moi, si, ça m’a fait réfléchir, et pas qu’un peu. Longtemps, Madame Fou et moi avons arboré l’affiche exigeant l’étiquetage des produits contenant des OGM dans notre fenêtre de salon. Elle a fini par se faner, mais nous continuons à faire entendre notre voix, par le biais d’organismes comme la Fondation David Suzuki ou encore Équiterre, en espérant qu’un jour, ce qui tombe sous le sens sera fait.
Ma question, et celle que soulève cette citation du défunt Marcel, c’est la suivante: à qui appartient le fardeau de la preuve? À ceux qui décident de faire bio? naturel? Ou plutôt à ceux qui continueront de traficoter leur vin avec je ne sais quoi?
Jusqu’à présent, on nous donne l’impression que ce sont les producteurs bio qui doivent montrer patte blanche. Que ce soit par le biais d’Ecocert, de Demeter, voire par le nouveau système d’appellation d’origine biologique français ou je ne sais quelle autre certification, on tente d’éveiller le consommateur au choix fait par certains producteurs de ne pas, autant que faire se peut, avoir recours à des intrants chimiques saugrenus.
Manger bio, boire nature, consommer équitable, voilà tous autant de badges d’honneur qui sont devenus, en eux-mêmes, des produits de consommation, des moyens de s’affirmer en tant que personne responsable et soucieuse d’autrui. On achète le “statement”; mon Hummer est hybride, donc ça s’annule.
Or, ne reviendrait-il pas plutôt à ceux qui ont recours au cosmétisme dans la vinification, à l’insecticide et au fongicide dans la culture de la vigne de faire état des stratagèmes qu’ils utilisent pour mener à bien leur produit? Je suis de ceux qui croient qu’il revient au non-bio de lever ses manches et de nous montrer toutes les cartes qu’il y cache. Il est bien plus important de savoir ce que l’on ingère que d’être rassuré sur ce que l’on n’ingère pas.
L’exemple de McDonalds et de son offensive on-répond-à-toutes-vos-questions se veut un pas, bien qu’insuffisant, dans ce sens; c’est très bien de nous montrer qu’au bout du compte, vous ne mettez que du boeuf dans vos burgers, bravo. On aurait aussi aimé voir le boeuf en question avant que vous ne l’abattiez, voir ce qu’il mange, voir ce qu’on lui injecte dans le corps. Des petits détails comme ça.
Selon vous, de qui doit-on exiger la preuve? Des bios ou des non-bios?
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Dans un même ordre d’idées, j’aimerais revenir sur mon billet en lien avec la certification “Vins du Québec”, intitulé “J’ai demandé à la Lune”. Comme j’ai envoyé ce texte à tous les vignerons québécois dont j’ai pu trouver une adresse courriel, j’ai eu droit à de nombreuses réponses, certaines plus haineuses que d’autres (mais jamais à mon égard), probablement dues au fait que je m’affiche comme étant ami d’une certaine personne… Bref, j’ai couru après, mais comme je l’ai dit dans ce billet, il a beau être mon ami, et j’ai beau être d’accord avec lui sur les enjeux auxquels le vignoble québécois fait face, cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec sa démarche pour démontrer son point de vue. Qu’elle soit ancrée dans des attaques personnelles qu’il aurait subies, que ces attaques soient dues à des attaques préalables ou des menaces judiciaires, l’oeuf ou la poule, du pareil au même. Mon point le plus criant vis-à-vis cela est ceci: arrêtez de vous chicaner, viarge. Si cela n’est pas assez clair, ben coudonc.
Maintenant, j’aimerais brièvement expliquer, à l’aide d’extraits de cette dite certification, disponible dans son intégralité ici, pourquoi je la juge insuffisante.
POINT A: IL Y A LES VINS DU QUÉBEC ET LES VINS ÉLABORÉS AU DOMAINE
Comme le montre ce tableau, il y a deux niveaux de conformité dans la certification des vins du Québec, et la mention “vin produit au Québec” est la mention qui est encadrée par les normes minimales d’élaboration. On a ensuite le niveau “à la propriété”. Or, le battage marketing sur les vins certifiés du Québec ne fait pas mention de ces deux niveaux de certification, seulement de ce que 47 vins sont maintenant “certifiés”. On prend pour acquis que c’est dans l’une ou l’autre de ces catégories. Donc, pour qu’un vin soit du Québec, nul besoin que tous les raisins qui ont servi à le faire proviennent du domaine où il a été fait. Honnêtement, c’est la même chose partout.
Mais là où le bât blesse vraiment, c’est quand on se met à parler de la traçabilité du produit. En s’appliquant, dès 2014, à ce que tout vin du Québec soit élaboré strictement avec des raisins provenant du Québec, intention noble, on veut rassurer les gens sur la provenance réelle du produit. Or, si vous regardez bien la colonne “d’un producteur-récoltant québécois”, sous “Provenance du raisin” dans le tableau précédent, vous verrez que l’exigence minimale pour respecter cette certification est qu’un maximum de 15% du raisin utilisé pour faire un vin “élaboré au domaine” doit provenir d’une source québécoise extérieure. Ce qui m’amène au point suivant…
POINT B: LA TRAÇABILITÉ DU VIGNOBLE À LA BOUTEILLE
Ce point-là me titille particulièrement. Dans le document qui explique la certification, on nous dit que des évaluations indépendantes seront faites quant aux capacités de production de chaque vignoble. Ces évaluations seront basées sur le plan parcellaire fourni par le vignoble, ainsi que sur le potentiel de production du même vignoble. On pourrait croire, en gros, que cela veut dire t’as tant de vignes, t’es capable de faire tant de vin selon tel calcul de rendement, mais non; la formulation est vague, si bien que les deux items ne sont pas nécessairement liés l’un à l’autre.
On dit aussi, dans un autre tableau, qu’une vérification sera faite de l’authenticité du raisin utilisé, ou de sa traçabilité. Qu’on pourra déterminer d’où le raisin vient pour chaque bouteille de vin produite, y compris pour le vin de glace. Regardez le tableau ci-dessus, si vous ne me croyez pas. Or, tout ce que cet exercice de traçabilité permettra de faire, c’est de vous dire que le raisin vient du Québec. Mais d’où au Québec? Seuls l’évaluateur et le producteur le sauront. Quant au consommateur…
Cela pose un sérieux problème pour le vin de glace. On dit bien qu’un évaluateur s’assurera que le raisin est sur la vigne, mais on ne dit pas que cette vigne est nécessairement sur le domaine en question. Il est en effet toujours possible pour un producteur de vin de glace, sous ce système de certification, d’acheter le moût, voire le raisin de quelqu’un d’autre et de l’ajouter à sa propre production. Et si “sur la vigne” veut logiquement dire “attaché à la vigne”, il est malheureusement possible d’étirer la sauce et d’interpréter cela comme étant “au-dessus de la vigne”.
Je le répète, cette certification est un pas dans la bonne direction, mais elle est insuffisante. Et si la majorité des vignerons se plieront à l’esprit de cette réglementation, nul n’est tenu d’aller au-delà de la lettre, et les tricheurs que plusieurs vignerons québécois ont pointé du doigt dans les courriels qu’ils m’ont envoyé demeureront des tricheurs, car on le leur permettra.
Lisez attentivement: on fait du bon vin de glace au Québec, mais on ne le fait pas correctement. On a le potentiel de devenir une région mythique à l’échelle mondiale, mais avec une certification de la sorte, difficile d’être pris au sérieux. Il s’en trouvera bien pour dire qu’il n’est pas possible au Québec de laisser le raisin sur la vigne et d’attendre qu’il gèle, en raison du buttage. À ceux là, j’ai trois mots à répondre, en guise de preuve du contraire.
Chapelle Sainte-Agnès.
Le Sommelier Fou
It’s not up to me to indicate I make organic wines; it’s up to them to indicate they make chemical wines.
- Marcel Lapierre.
Makes you think, doesn’t it? It sure made me think, and quite a bit too. For the longest time, Madame Fou had this poster up in our living room window, claiming that we wanted products that contained GMOs to be labeled as such. It wore out after a long while, but we still make ourselves heard, through the help of the David Suzuki Foundation or Équiterre, hoping that one day, what seems to make sense will be done.
My question, the very same that this quote from the late Marcel Lapierre raises, is this: who has burden of proof? Does it lie with those who make organic, natural wine? Or should it lie with those who still put God knows what in their vats?
Up to now, we have been lead to believe that it’s up to the organic winemakers to show their cards. Be it through Ecocert, or Demeter, or even through France’s new organic wine appellation system or any other certification system, for that matter, the purpose is to try to draw the consumer’s attention on this choice made by certain winegrowers not to use chemical products in making their wines, whenever possible.
Eating organic, drinking natural and ethical consuming have all been made into badges of honour that have become themselves objects of consumerism, ways to show oneself as a responsible, conscientious person. The statement can be bought: my Hummer is hybrid, so it evens out.
But wouldn’t it be for the ones that rely on “cosmetics” to make their wine, or insecticides and fungicides in their winegrowing, to tell us what shenanigans they’re up to in order to make their wine drinkable? I’m with the ones who say that it’s up to the non-organic players to have their sticks measured. It think it’s far more important to know what you’re swallowing than to be reassured that you’re not swallowing anything harmful for you. The McDonalds example comes to mind, with their marketing offense to answer everyone’s questions about their food, as being a nice step forward, but quite insufficient: it was nice of them to show us that indeed, all their patties are strictly made of beef, but it would have been far better to actually see the beef before they get slaughtered and butchered, or to show us what’s injected in them as they are being bred. It’s all in the small details, really.
In your opinion, who’s got the burden of proof? Organics or non-organics?
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And while we’re on the topic of proof, I’d like to come back on my post regarding the “Vins du Québec” certification, entitled “And so I asked the moon…” Since I sent my article to all the Quebec winemakers I could find an email for, I was treated to many rebuttals, some more hateful than others (but the hate was never geared at me, be reassured), likely due to me admitting being friends with a certain individual… I kind of asked for it, to be honest, but as I had said it in my post, he may be my friend, and we may share a certain view of what Quebec vineyards are facing, but it does not mean I agree with the way he uses to get his point across. Whether or not his motives are rooted in previous attacks at his expense, or if they were prompted by attacks of his own prompted themselves by judicial threats, it’s all chicken-or-the-egg to me, and my most important point with regards to this situation can be summed up in pretty short and crude words: stop fucking fighting already. If that’s not clear enough, I don’t know what is.
This being said, allow me to further my demonstration of why I think the new “Vins du Québec” certification, while being a step in the right direction, is not sufficient to ensure the future of Quebec’s wine industry, with help of excerpts from the certification presentation available in its entirety here.
POINT A: THERE ARE QUEBEC WINES, AND THEN THERE ARE WINES MADE AT THE VINEYARD
This table shows that there are two levels of conformity in the Quebec wine certification, and the “vin produit au Québec” mention is the lowest one in terms of winemaking requirements. You then have the “à la propriété” level. The whole marketing strategy for “vins certifiés du Québec” does not mention the two levels of certification, only that 47 wines are now “certified”. Let’s take for granted that these wines are part of either of these categories. In short, it means that, if your wine is to be a Quebec certified wine, the grapes used for making it can come from any part of Quebec. In all honesty, that’s how it goes everywhere in the world.
But the real problem lies with the notion of grape traceability. By saying that, come 2014, every Quebec wine is expected to be made with 100% Quebec grapes, a noble intention, the focus is on reassuring people with regards to the actual origin of the product. But if you pay close attention to the “d’un producteur-récoltant québécois” column, right underneath “Provenance du raisin” in the previous table, you’ll see that the minimum requirement to respect this part of the certification is to have no more than 15% of the grapes used to make a wine can come from an outsourcer, in order for this wine to be considered as “made on the premises”. Which brings me to the following point…
POINT B: TRACEABILITY FROM VINEYARD TO BOTTLE
Not going to lie: this point ticks me off somewhat. In the certification document quoted above, you will learn that independent evaluations will be conducted on each vineyard’s production capacity. These evaluations will be based on a vineyard’s plot map as well as its potential for production. One could be led to believe that this evaluation, in short, is aimed at going: you got this many vines, you can make that many bottles, with respect to a certain way of calculating yields, but no; the way this idea is proposed is vague enough in its wording to make it so that both items are not necessarily linked together.
It is also said, in another table, that verification will be made on the grape’s authenticity, or its traceability, if you prefer; we will be able to determine where the grapes came from for each bottle of wine that’s made in Quebec, including every ice wine bottle. But all this traceability exercise will do is to confirm that the grapes come from Quebec. From somewhere in Quebec. Only the evaluators and the producers will know the exact origin of the grapes. As for the consumer…
This poses a serious problem for ice wine. While we know an evaluator will verify that the grape is “on the vine”, nothing says that the said grape needs to be on a vine that’s on the premises necessarily. It’s still possible for an ice winemaker to purchase grapes or must from somewhere else, and to add it to his own production under this certification. And if your French is strong enough, you will know that “sur la vigne” can translate into “on the vine” as well as “on top of the vine”.
Let me reiterate: this certification is a good start, but it’s insufficient. And if the majority of winemakers will obviously abide by the spirit of it, no one is bound to go further than what the letter of the certification says, and the cheaters that were targeted by certain emails I received still have a wide-open door, because they’re still allowed to cheat by this certification.
Read this carefully: we make good ice wine in Quebec, but we’re not doing it right. I’ll go as far as saying we have the potential of becoming a benchmark ice wine region of the world, even mythical, but with such a certification, it’s pretty hard to be taken seriously. And you will hear winemakers say that Quebec is in a specific situation, that you can’t leave the grape on the vine and wait for it to freeze, because of the necessity to earth up the vines to protect them from winter. To these folks, I’ll leave three words, as proof of the opposite.
Chapelle Sainte-Agnès.
Le Sommelier Fou
David,
I left a response to this blog on Cellier http://blogue.saq.com/cellier/boire-vrai/ Where Marc Chapleau took a shot at Boire Vrai… Oddly enough they did not publish it….
Marc, Je suis d’accord avec la plupart de vos idées.
Je suis loin d’etre un buveur d’ettiquete, et au meme temps je suis mefiant les vins sans sulphite. Trop souvent les vins sans SO ont une tendance a banaliser les characteristiques du cepage.
La seule hic, c’est que souvent les vins disponible en bas de 15$ chez les marchands du vin au Quebec (pas nécessaire de les mentionner par leur nom) sont tellement trafiquer par des enzymes, additives, sucres, colorants que les clients se sent trahi par les images de pureté employé par la machine a marketing du vin, que je ne suis pas de tout surpris de une contre-culture.
Est-ce le moment approprié que notre SAQ exige aux producteurs d’indiquer toute ingredients (raisins, additives, enzymes, sucres, leveurs, colorants) sur les ettiquettes, comme on voit sur nos epiceries?
Permettez les clients d’acheter vrai ou faux, comme ils le jugent approprié.
Il est interessant de voir votre billet a ce sujet paraitre le meme semaine que cette piece par Tom Wark http://fermentationwineblog.com/2012/10/natural-wine-gets-busted/
Monsieur Wark travail comme consultant aupres des producteurs en Napa, ou il y tres peut de vins naturel, donc je comprends tres bien pourquoi il defend les interets des gens qui mettre du beurre sur son pain.
Merci pour votre billet, en souhaitant que que les producters vont “ettiquetter honete,” par la suite nous allons tousse boire vrai.
Anyways gimme some cheap wine and don’t tell me whats in it!!!
keep up the good fight!
Thanks, DJ, for your comment.
Je pense qu’un étiquetage de tout ce qui n’est pas naturel tombe sous le sens. Et si, au bout du compte, les gens ne décident pas de boire vrai, au moins auront-ils la possibilité de savoir ce qu’ils boivent. Knowing what’s in a cigarette hardly stopped anyone from smoking…